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La tête dans le cloud… en gardant les pieds sur terre

Catégories : Cloud Computing

Par Jean-François Marie, Directeur Produit, Solutions et Alliances, NetApp EMEA

 

Il y a encore quelques années, le cloud dont tout le monde parle à présent était principalement associé à une technologie de stockage de données. A juste titre : les entreprises qui recueillaient, généraient, conservaient des volumes massifs de data avec tout une batterie d’équipements se sont retrouvées confrontées à la question essentielle de devoir gérer ces données. Pour nombre d’entre elles la solution, tout d’un coup, tenait en un mot : le cloud, nouvel espace quasi mythique au nom tout droit tiré d’un conte de fées.

Auparavant, elles devaient assurer elles-mêmes l’acquisition, l’élaboration, l’hébergement et la maintenance de leurs propres datacenters, souvent de taille conséquente. À présent, il suffit de quelques clics pour conclure un contrat de location auprès d’un prestataire de services en cloud et bénéficier instantanément d’une solution accessible à l’échelle mondiale.

Mais le concept du cloud est apparu de manière si soudaine, au moment de l’explosion spectaculaire de l’utilisation des données, que la nature et les possibilités offertes par cette technologie demeurent souvent un mystère.

 

Des avantages immédiats

La vision que l’on en a est généralement associée aux solutions informatiques que nous utilisons à titre personnel et à la terminologie qui leur est propre («sauvegarder sur iCloud»). Le cloud apparaît paradoxalement comme un concept à la fois simple… et nébuleux. Aux yeux de la majorité des utilisateurs, stocker des données « dans le cloud » signifie que ces informations seront hébergées à l’extérieur du périmètre couvert par le pare-feu de l’entreprise ou de leur propre matériel. Il s’agit généralement d’un espace loué à la demande auprès de prestataires de services majeurs, tels que Google, Amazon ou Azure. Rien de plus.

Le stockage de données dans le cloud offre l’avantage de l’adaptabilité et de l’accessibilité depuis n’importe quel point du globe. Et les solutions d’accès aux données dans le cloud sont d’une grande simplicité et très évolutives. Pour les start-ups et les petites entreprises, cette technologie s’impose souvent comme la solution la plus judicieuse. Les offres en cloud ont ainsi permis à de nombreux jeunes entrepreneurs ambitieux porteurs d’innovations logicielles de bénéficier d’opportunités sans précédent.

De nombreuses grandes entreprises tirent également parti des avantages de cette nouvelle technologie en faisant migrer leurs données vers le cloud, souvent par l’intermédiaire d’architectures de cloud hybrides associant déploiements sur site et hors site. Cette possibilité d’héberger aisément les données dans de multiples ressources en cloud au sein d’une configuration hybride et d’y accéder en toute simplicité est plus qu’un simple détail. Le modèle composé ou hybride est d’ailleurs celui qui semble vouloir émerger, le tout cloud n’est pas approprié.

Car le déploiement en cloud est complexe. L’ignorance de cette réalité peut être source de risques majeurs pour les utilisateurs. De nombreuses entreprises qui se sont lancées dans un déploiement non maîtrisé du cloud se sont trouvées happées dans une spirale infernale : innovations coûteuses, technologies propriétaires non compatibles, architectures en cloud hétérogènes… Pire encore, en agissant de la sorte, elles ont compromis l’intégrité de données sensibles ou en ont condamné l’accès. Certaines entreprises ont ainsi perdu l’intégralité de leurs données.

 

Comprendre les limites du concept

Cette capacité d’accès instantané aux données sensibles de l’entreprise constitue à la fois une opportunité et un risque inhérents au déploiement en cloud. Identifier les solutions permettant à une entreprise de collecter et de décrypter des données pour en extraire des informations de manière efficace représente désormais un enjeu crucial. Inversement, il est tout aussi important pour une entreprise d’être en mesure de restreindre d’accès aux données et d’en assurer la protection.

Pour éviter un scénario catastrophe, il suffit de comprendre les bases de cette technologie et de planifier les déploiements en cloud de manière réfléchie. Il est essentiel d’assurer une gestion rigoureuse des données lors de leur déplacement entre différentes zones clairement « délimitées » et de ne jamais en perdre le contrôle. Extrêmement précieuses et personnelles, les données sont aussi particulièrement encombrantes. Ce sont des éléments physiques : elles sont lourdes, encombrantes et difficiles à déplacer. Le transfert d’importants volumes peut nécessiter plusieurs jours, voire plusieurs semaines. En fonction de leur volume, de leur utilisation prévue, de la facilité d’accès voulue, il faut chercher à les déplacer le moins souvent possible et de les maintenir dans un périmètre défini. Pour garantir la réussite du déploiement stratégique en cloud, les entreprises doivent être en mesure d’évaluer rapidement les différents types de données qu’elles génèrent et qu’elles recueillent, et de déterminer leur valeur. Cette analyse permettra alors de définir un emplacement adapté au stockage de ces données. D’où l’idée de placer les données de moindre importance « ailleurs » et de maintenir les données critiques facilement accessibles et, par voie de conséquence, de prendre en compte le déploiement de solutions hybrides.

 

Faire les bons choix

Même partiel, le recours au cloud évite aux entreprises de devoir construire leur data center et d’en assurer la maintenance, pour se focaliser sur l’optimisation de leurs performances opérationnelles. Aujourd’hui, de nombreux prestataires et fournisseurs de services sont positionnés sur ce marché du stockage de la donnée. Une entreprise doit donc rigoureusement évaluer ces fournisseurs et prestataires avant de procéder à leur sélection en fonction de la nature des informations qui leur seront confiées. Elle s’appuie sur de multiples critères : pays d’implantation, historique de la société, protocoles de sécurité et même facteur de proximité. Il est essentiel également de déterminer et de toujours connaître le « poids » et la « valeur » de ses données pour savoir où placer ses données. Seuls seront sélectionnés les fournisseurs répondant à l’ensemble des critères sélectionnés.

Cette procédure constitue en substance ce que l’on entend aujourd’hui par « administration des données ». Il sera ainsi possible de sous-traiter l’infrastructure, les applications, les services, sans jamais déléguer ou sous-traiter le « contrôle » et les responsabilités associées aux données stratégiques.

Se donner le choix reste cependant un élément fondamental. Les gros acteurs du secteur, les GAFA ne pourront couvrir toute la demande. Les fournisseurs locaux constituent une bonne alternative en termes de rapidité d’accès, de souplesse et sécurité des données.

Le concept du cloud, simple en apparence (puisqu’il consisterait uniquement à déplacer les données protégées par le pare-feu de l’entreprise vers un espace de stockage plus accessible, flexible et évolutif), s’avère donc rapidement bien plus complexe. Au-delà de la question du stockage de données, le cloud est une approche qui transforme les modèles économiques traditionnels. Il a conféré aux données valeur de monnaie mondiale, tout en accordant aux services informatiques un rôle nettement plus important dans le succès des entreprises d’aujourd’hui. Véritables leviers du succès des entreprises, les données constituent un avantage concurrentiel et ont, de ce fait, acquis une valeur inestimable. En un temps quasi record, les innovations technologiques permettant d’extraire de précieuses informations à partir des données ont propulsé ces dernières au rang d’actifs d’une valeur inestimable pour l’entreprise. C’est bien la raison pour laquelle il convient de les collecter et de les gérer avec le plus grand soin et la plus grande efficacité.